In Retour à la musique, Juin 2006
Carnet de notes 1. Poétique et système de l’improvisation.

Du banal et du public

Le pianiste de jazz McCoy Tyner ,par Roger Humbert

2006. — Le jazz souffre, et d’abord de son poids, ou de son enflure homogène. Il n’y eut jamais tant de musiciens du jazz, si pareils, de même moule et de même oreille. On comprendra pourquoi les ressources leur manquent, sinon le public (le public est à la fois rare pour l’inédit, qui habite un autre espace que le sien, peu connectable, et raréfié pour le commun et le banal, car dispersé, dilué en connexions dans le général et la quantité). Le public, d’autre part, et même leur public, est plus divers qu’eux-mêmes. Il m’est avis que l’entrée du jazz à l’Université à fortement contribué à cet aplatissement (comme sont plats la majorité des interprètes en musique classique).

Ci-contre. — Magnifique photographie du pianiste McCoy Tyner (1938-2020) par Roger Humbert, « photographe de jazz » et dont j’ai eu le bonheur, il y a bien des années, de recevoir une version imprimée, bien protégée dans mes archives. On se doute que la version numérique ne vaut pas le print sur papier mat, où s’offrent de sublimes contrastes. McCoy Tyner n’est évidemment pas un jazzman d’aujourd’hui. Serait-il encore jeune et vivant qu’il ne le serait pas davantage.